SUCARUVADADESIKASUCARUVADADESIKA

A festschrift honoring professor Theodore Riccardi
Todd Lewis
Bruce McCoy Owens
Editors 2014

 

 

 

 


1deCouv-Carnavals-KLCFêtes, mascarades et carnavals

Circulations, transformations et contemporanéité

Publication sous la direction de Nathalie Gauthard.

Texte de Gérard Toffin

Chemins du rire et des morts. Carnaval, burlesque et satire au Népal.

 

 

FP

 

Table des matières

Introduction
Les avatars de carnaval
Nathalie Gauthard

Du carnaval au carnavalesque. « Le Monde à l’Envers »
Marie-Pascale  Mallé

Rire, censure et renouveau

Regard sur l’histoire et l’évolution de l’animation musicale des carnavals dans le sud de la France
Luc Charles-Dominique

L’éternel carnaval sans retour
Paulo Filipe Monteiro

Le saint ivre, transfiguration des corps et croisements identitaires dans la fête de São Paio da Torreira au
Portugal
Maria Manuel Baptista et Larissa Latif Saré

Chemins du rire et des morts. Carnaval, burlesque et satire au Népal
Gérard Toffin

Esthétique, politique et construction identitaire

Analyse d’une figure traditionnelle du carnaval de rue de Cayenne : le Bobi  et son maître
Blodwenn Mauffret

Cosmographies africaines, le samba  des Noirs brésiliens
Michel Agier

Le Carnaval de Recife entre ses « pôles » :
une lecture de ses processus de singularisation et d’uniformisation
Laure Garrabé

Circulations et métamorphoses

Fantasmes, projections et réinterprétations,
les multiples facettes de la fête « à la brésilienne » à Paris
Sylvie Perault

Arts visuels d’avant-garde au Carnaval de Nice
Ghislaine Del Rey

Le parcours des fleurs d’Alphonse Karr, de Nice, France (XIXsiècle) à Maragogipe, Bahia, Brésil (XXIsiècle)
Armindo Bião

Témoignage : mémoires d’une carnavalière niçoise
Les carnavaliers niçois : une corporation bien spécifique, une histoire de famille(s)
Annie Sidro


RAMAYANA

Visuel-livre-ouvertLe Rāmāyaṇa de Vālmīki illustré par les miniatures indiennes du XVIe au XXIe siècle est paru aux Éditions Diane de Selliers en 2011.

Ce texte sacré, fondateur de l’hindouisme est présenté dans son intégralité. L’ouvrage a nécessité dix années de recherches iconographiques réalisées à travers le monde entier pour identifier près de 5 000 miniatures illustrant le Rāmāyaṇa à travers le monde.

Chercheurs et scientifiques de renommée internationale ont collaboré à cette édition : conservateurs des plus grands musées, éminences universitaires, sanskritistes. Une mobilisation intensive de spécialistes de la chromie a permis de restituer de la façon la plus fidèle les œuvres picturales reproduites.

Présenté dans un magnifique coffret illustré, cet ouvrage hors du commun, véritable objet d’art, se déploie en sept volumes, habillés d’une toile inspirée de motifs moghols extraits des illustrations du livre.

RAVANA APPELLE AUPRES DE LUI INDRAJITHANUMAN-DEVASTE-LE-BOIS-DASOKA-detailUne édition en langue anglaise est prévue pour 2015.

Éditions Diane de Selliers : www.editionsdianedeselliers.com et www.ramayanabook.com

 « Dans le cadre de nos recherches pour la publication de la Lettre du Toit du Monde sur les masques utilisés chez les Rajbanchi et ethnies voisines pour les représentations du Ramayana, nous avons été amenés à consulter cette publication. Ce texte et les magnifiques reproductions de miniatures qui l’accompagne , art de cour, présente une autre facette de cette épopée ».

FP


MASCARADES EN HIMALAYAMASCARADES EN HIMALAYA

Les vertus du rire
par Pascale Dollfus et Gisèle Krauskopff.

On y apprend avec intérêt que les auteures viennent de découvrir qu’il y avait des masques dans l’Himalaya, y compris au Népal !

Elles déclaraient, en effet,  il y a peu dans :

« Sculptures de bois au Népal – Bouffons et protecteurs »  de Bertrand Goy-Max Itzikovitz - éditions 5 Continents - 2009

Page 21 - « Pascale Dollfus, appartenant au même organisme (CNRS – ndlr), a effectué l’inventaire des objets et documents iconographiques himalayens détenus par les musées français et les grandes institutions britanniques ; elle considère que « ces objets dont on ne connait pour la plupart ni l’origine, ni la datation, ni même la fonction sont sujets à caution. Mises à part quelques pièces liées au bouddhisme tibétain dont l’usage est attesté par exemple chez les Tamang, en cinquante ans de missions, les ethnologues n’ont pas rencontré de tels objets. » (texte en français remis par l’auteur à Bertrand Goy).

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Dans le même livre, citations de Gisèle Krauskopff :

Page 46 - « La thèse la plus couramment émise par les collectionneurs (toujours eux, bien sûr, ndlr) pour légitimer l’absence de témoignage sur ces objets repose sur leur côté sombre et secret, dangereux même, un aspect de leur culture que les populations exposeraient avec réticence. »

Page 47 - « La deuxième hypothèse consiste à considérer que si ces masques n’ont pas été vus dans les moyennes collines, c’est qu’ils venaient d’ailleurs… »

Après le colloque organisé par leurs soins au CNRS en 2012, destiné initialement à faire le point sur les masques, colloque durant lequel l’existence de ceux-ci était plus ou moins mise à mal, nous apprenons dans cette nouvelle publication que les auteures, en deux ans, ont découvert :

Page 101 «  que les masques sont utilisés dans tout l’Himalaya »,

Page 124 « qu’on peut en trouver chez les Thakali, les Gurung, les Magar, les Tamang, page 152 chez les Newar… »  donc, en fait, partout.

On peut par ailleurs trouver dans ce livre des idées tout à fait intéressantes. Par exemple page 169 :

« Les bourgs et les foires, où un consensus social s’élabore, favorisent l’invention de masques de facture libre, à l’encontre de l’idée – qui prévaut trop souvent à propos des masques dits « primitifs » - d’une créativité « naturelle » qui n’existerait que dans des villages isolés ou des tribus coupées du monde ».

On peut donc voir pages 161 et 164 des photos de bouffons, à côté de masques Lakhey, d’une créativité « naturelle » qui n’ont strictement rien à voir avec des masques dits « primitifs » : la nuance est d’importance.

Quelques commentaires sur le chapitre Parole comique et silence des masques

Nous avions noté précédemment qu’un manque de relecture était évident dans cette publication.

On apprend page 200 que Jatayu est tué en s’interposant lors de l’enlèvement de Sita, mais quelques lignes plus bas Rama et Lakhsmana sont sauvés par lui…

Sugriva dans le même chapitre est indiqué comme le roi des singes – photo 18 il n’est plus que chef de l’armée des singes.

Deux lignes plus bas Hanuman est indiqué comme menant l’armée des singes comme indiqué photo 11 – mais page 210 il devient roi des singes…

Page 205 Sarbanaki est écrite dans la même page Sarbarnaki et Sabarnaki. 3 orthographes différentes pour le même personnage dans la même page c’est beaucoup, surtout venant de la part de membres du CNRS.

Sa sœur Raikasni (photo 6) est verte puisque le texte dit que le clan Ravana est vert. Mais photo 5 - Raikasni est jaune : donc ce n’est pas elle mais un personnage du clan Rama, probablement DHAIAKOKJI (Manthara) servante bossu de la reine Kaikeyi, représentée habituellement avec deux incisives proéminentes »

Photo 6 – Sabarnaki qui a le nez coupé est à gauche. Page 205 il est dit qu’elle tire la langue : or sur le cliché c’est Raikasni qui tire la langue.

Page 206 – Bali, le frère de Sugriva, est cité comme chef de l’armée de Ravana … il est en réalité chef de l’armée de Rama !

Page 203,- arrive le Roi du Nord, non masqué (page 202 – comme tous les rois de l’épopée il est couronné et ne peut être masqué !) mais photo 12 on a une photo d’un masque du roi du Nord.

Tous les rois ? Sugriva, Jambuwan … portent des masques  dans l’article.

Cette prise de conscience foudroyante de l’existence des masques himalayens par les auteures ne leur a sans doute pas permis de relire leurs textes et de le corriger, pas plus d’ailleurs que de citer leurs sources d’inspirations qu’elles se ont appropriées sans vergogne, en particulier en ce qui concerne Kullu.

Le rapport des mascarades avec les fêtes masquées népalaises n’est pas par ailleurs une découverte, sauf pour les auteures semble-t-il. Gérard Toffin a déjà traité le sujet, en particulier lors d’une conférence de la SEECHAC, Société Européenne pour l’étude des civilisations de l’Himalaya et de l’Asie Centrale, qui a eu lieu le 24 septembre 2012 au musée Cernuschi à Paris. «Le comique et le sacré dans le théâtre néwar (Népal) »

La publication sous la direction de Nathalie Gauthard de « Fêtes, mascarades et carnavals » Circulations, transformations et contemporanéité
aborde également le sujet.

Enfin, faisant fi de toutes les autres sources d’informations concernant les masques : publications d’Anne Vergati, travaux de Corneille Jest dans le village de Chim, dans la vallée de la Kâlî Gandaki, informations collectées par Marie Lecomte-Tilouine … les auteurs ramènent l’usage des masques à la seule mascarade ce qui est, quand même, extrêmement limitatif. Comme il leur a fallu 30 ans pour découvrir l’existence des masques au Népal espérons qu’il ne leur faudra pas autant de temps pour en découvrir les autres aspects.

On peut légitimement se poser des questions en lisant le chapitre Tintamarre et Carnaval funéraire sur ce qu’ont vu et interprété les auteures.

Alors que sur la photographie de la page 43, prise à Panga, on voit un masque en métal représentant un masque d’Indra, iconographie dans les masques Newars qui est parfaitement connue, la plus connue, répertoriée, reproduite (Anne Vergati, Gérard Toffin, Thomas Murray, Ian Alsop, François Pannier …) ce masque est seulement indiqué dans le texte comme « Cuivre ».

Même si localement il y a perte de tradition qui ne permet plus aux habitants de faire certains rapprochements entre iconographie et attribution, tout chercheur digne de ce nom aurait dû analyser la situation et poser les questions permettant de résoudre ce problème.

Mais comment aurait-il pu le faire, étant donné leur incroyable méconnaissance de cette culture.

L’une des auteures interrogée ayant même écrit « Ce n’est évidemment pas Indra, surtout en ce contexte funéraire ou Indra n’aurait rien à faire. »(sic)

Indra n’ayant rien à faire dans un contexte funéraire ? Qu’elles lisent les nombreuses publications sur Indra et sa représentation dans les fêtes d’Indra Jatra.

Elles pourraient lire utilement, par exemple, La fête-spectacle – Théâtre et rite au Népal de Gérard Toffin.

Enfin quand elles se félicitent de la non séparation de la « paire » de masques champignon-poisson, certains collectionneurs se les rappellent poussiéreux et ternes, pas en paire, et sans leur polychromie « parisienne ».

P.L.

Petit détail : Li en newari signifie laiton et non cuivre.

F.P.

Nous reviendrons ultérieurement sur les nombreuses fautes et erreurs relevées dans ce livre en commençant par le Ramayana.

BG et AR