MASCARADES EN HIMALAYA SuiteMASCARADES EN HIMALAYA (Suite)

Les vertus du rire
par Pascale Dollfus et Gisèle Krauskopff.

Peut-on dissocier durant une fête les différents éléments de sa composante pour apporter des arguments à ses théories ?

Dans le chapitre Parodier la vie quotidienne les auteurs font abstraction, bien que citant l’article de Corneille Jest dans Objets et Mondes, de toute la partie du rituel liée à la vénération des ancêtres. Alors que la présence des yaks y est bien notée, elles font complétement abstraction de leur rôle dans l’origine du rituel ce qui peut remettre en cause l’aspect mascarade. Il n’est pas fait état non plus de la présence de ces masques, effigies d’ancêtres, exhibés à cette occasion pour être vénérés. Il faut dire que les auteurs au début du livre commencent (page 23) par un « En Himalaya les masques ne sont pas portés pour figurer les ancêtres, comme c’est le cas dans de nombreuses régions du monde ». Pas portés, certes, dans le cas présent mais utilisé oui.

Dans tout le livre on note que certains éléments de la fête sont exclus de l’analyse lorsque cela ne correspond pas à la théorie développée, comme par exemple la présence du masque d’Indra lors de la fête de Panga en 2011. Alors que ce dieu a une grande importance dans certains rituels newars, sa présence durant cette fête n’est ni reconnue, ni analysée par les auteurs, étant uniquement présenté comme Cuivre alors que son iconographie est parfaitement connue.

L’article sur les troupes itinérantes de danseurs illustré par une photographie de Michael Oppitz de 1981 laisse également perplexe. François Pannier avait noté dans la Lettre du Toit du Monde N° 7 Démasquons les masques himalayens l’absence d’étude sur ce cliché. Les auteurs font maintenant un développement sur celui-ci en se basant sur les travaux d’Anne de Sales publiés en 1986, qu’elles semblent découvrit à l’occasion de cette publication.

Lorsque l’on relit leurs déclarations sur la méconnaissance ou l’absence de masques reprises dans le livre de Bertrand Goy et Max Itzikovitz cela laisse rêveur et perplexe.

Je reviendrai ultérieurement sur l’admirable conclusion dans Le masque : une catégorie vide ? Où l’on trouve cette phrase « Le masque en soi n’existe pas » pour conclure un livre où il en est question.

Le début de ce chapitre commence d’ailleurs par « Le voyage que nous avons entrepris pour éclairer l’usage et la fonction du « masque primitif himalayen …».

Comme le livre traite à la fois de masques bouddhiques, de masques utilisés durant les représentations Rajdhari pour des représentations du Ramayana en particulier chez les Rajbamsi doit-on en déduire que tous ces masques sont considérés par les auteurs comme primitifs ? L’éclairage est bien obscure. Sans parler de l’usage de l’appellation Citipati pour les « Maîtres des Charniers » alors que l’un des auteurs, à l’issue du colloque de 2012, lorsque je lui parlais des Citipati, en niait l’existence. On se demande où est le vide.

A.M.