Publications diverses

ALTAI frLes Altaïens, peuple turc des montagnes de Sibérie,

Clément Jacquemoud,
Genève, Musée Barbier-Mueller, Paris, Somogy, 2015.
200 pages, 187 illustrations couleur, 2 cartes géographiques


La République de l'Altaï est située dans une région montagneuse des confins de la Sibérie, à la frontière de la Chine, de la Mongolie et du Kazakhstan. Elle abrite le petit peuple turc des Altaïens, réputé dans l'ethnographie pour son chamanisme, et pour avoir développé au début du XXe siècle un mouvement millénariste de grande ampleur, le bourkhanisme.

Dans le contexte post-soviétique actuel, les Altaïens renouvellent leurs pratiques religieuses, qui se sont diversifiées, allant du « néo-chamanisme » au «néo-bourkhanisme», en passant par le bouddhisme et le christianisme évangélique. De grandes cérémonies collectives, fondées sur le cycle saisonnier, ont refait surface, tandis que le chant de gorge, autrefois employé dans la récitation rituelle de poésies épiques, résonne maintenant bien au-delà des frontières du petit territoire, et véhicule paradoxalement l'image de traditions exemptes de toute influence extérieure.

Cet ouvrage, tout en faisant ressortir les enjeux sociaux, politiques et environnementaux auxquels les Altaïens doivent aujourd'hui faire face, apporte un nouvel éclairage sur cette situation religieuse à la fois complexe et composite, alimentée par de multiples tensions, et qui n'avait pas retenu jusqu'à présent toute l'attention qu'elle mérite.

Biographie

Clément Jacquemoud est doctorant en anthropologie à l'École Pratique des Hautes Études à Paris (Laboratoire GSRL). Il travaille depuis 2005 en République de l'Altaï avec les Altaïens. Ses travaux de recherche, basés en partie sur plus de trois années passées sur le terrain, portent sur le renouvellement de la pratique de la récitation des épopées en chant de gorge. Il mène parallèlement une analyse comparative des rituels au sein des divers mouvements religieux présents dans la région, tout en s'intéressant à l'impact du tourisme et de la politique fédérale russe sur le rapport des Altaïens à leur territoire.

Renseignements complémentaires sur : http://www.fondation-culturelle-barbier-mueller.org/enquetes/article/les-altaiens


MASCARADES EN HIMALAYA SuiteMASCARADES EN HIMALAYA (Suite)

Les vertus du rire
par Pascale Dollfus et Gisèle Krauskopff.

Peut-on dissocier durant une fête les différents éléments de sa composante pour apporter des arguments à ses théories ?

Dans le chapitre Parodier la vie quotidienne les auteurs font abstraction, bien que citant l’article de Corneille Jest dans Objets et Mondes, de toute la partie du rituel liée à la vénération des ancêtres. Alors que la présence des yaks y est bien notée, elles font complétement abstraction de leur rôle dans l’origine du rituel ce qui peut remettre en cause l’aspect mascarade. Il n’est pas fait état non plus de la présence de ces masques, effigies d’ancêtres, exhibés à cette occasion pour être vénérés. Il faut dire que les auteurs au début du livre commencent (page 23) par un « En Himalaya les masques ne sont pas portés pour figurer les ancêtres, comme c’est le cas dans de nombreuses régions du monde ». Pas portés, certes, dans le cas présent mais utilisé oui.

Dans tout le livre on note que certains éléments de la fête sont exclus de l’analyse lorsque cela ne correspond pas à la théorie développée, comme par exemple la présence du masque d’Indra lors de la fête de Panga en 2011. Alors que ce dieu a une grande importance dans certains rituels newars, sa présence durant cette fête n’est ni reconnue, ni analysée par les auteurs, étant uniquement présenté comme Cuivre alors que son iconographie est parfaitement connue.

L’article sur les troupes itinérantes de danseurs illustré par une photographie de Michael Oppitz de 1981 laisse également perplexe. François Pannier avait noté dans la Lettre du Toit du Monde N° 7 Démasquons les masques himalayens l’absence d’étude sur ce cliché. Les auteurs font maintenant un développement sur celui-ci en se basant sur les travaux d’Anne de Sales publiés en 1986, qu’elles semblent découvrit à l’occasion de cette publication.

Lorsque l’on relit leurs déclarations sur la méconnaissance ou l’absence de masques reprises dans le livre de Bertrand Goy et Max Itzikovitz cela laisse rêveur et perplexe.

Je reviendrai ultérieurement sur l’admirable conclusion dans Le masque : une catégorie vide ? Où l’on trouve cette phrase « Le masque en soi n’existe pas » pour conclure un livre où il en est question.

Le début de ce chapitre commence d’ailleurs par « Le voyage que nous avons entrepris pour éclairer l’usage et la fonction du « masque primitif himalayen …».

Comme le livre traite à la fois de masques bouddhiques, de masques utilisés durant les représentations Rajdhari pour des représentations du Ramayana en particulier chez les Rajbamsi doit-on en déduire que tous ces masques sont considérés par les auteurs comme primitifs ? L’éclairage est bien obscure. Sans parler de l’usage de l’appellation Citipati pour les « Maîtres des Charniers » alors que l’un des auteurs, à l’issue du colloque de 2012, lorsque je lui parlais des Citipati, en niait l’existence. On se demande où est le vide.

A.M. 


 

Making facesMaking Faces . Self and Image Creation in a Himalayan Valley.

Alka Hingorani
Honolulu, University of Hawai Press, 2013.147 pages, index, ill.

The new book about the mohras, the masks or busts in metal (usually silver or brass) which represent the gods and goddesses of Hindu pantheon explores a new aspect of the objects: how they are made by local artists. The author studied the region of Kullu (Himachal Pradesh)and the introduction gives a general frame about the history , the significance of Dashera festival in the local context and the time when the deities “travel”. The deities represented by mohras travel on the same ratha or palkhis (chariot) for few weeks. They have a collective identity and the author has emphasized that “the material and ritual biographies of such objects are important” (p.9).


SUITES NEPALAISES

SUITES NEPALAISES

de Pierre Lemaire et Françoise Mahot

Livre déjà ancien mais que les tragiques évènements du Népal réactualise »

Disponible aux éditions Findakly
http://www.editionsfindakly.fr/